PRIX JEAN FOLLAIN
Benoît Vincent

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Benoît Vincent par Jean Mesnildrey

Le jury du Prix Jean Follain de la ville de Saint-Lô, réuni le 17 septembre 2016, a choisi le très beau livre en prose poétique de Benoît Vincent, Farigoule Bastard, publié au Nouvel Attila.

Lors de la remise du Prix le 30 septembre à la médiathèque de Saint-Lô, le président du jury, Alexis Gloaguen a salué le travail des éditions du Nouvel Attila : « Un prix littéraire valorise les éditeurs qui sont capables de prendre des risques. Et Benoît Virot, éditeur du Nouvel Attila, est clairement de ce bois-là. »

Benoît Vincent, naturaliste et botaniste, est né dans la Drôme mais en est éloigné aujourd’hui, vivant « entre Tocasne et Romagne, en Italie ». Son expérience professionnelle en tant qu’éducateur à l’environnement sur le territoire des Baronnies en Haute-Provence, va profondément l’imprégner de l’authenticité d’un territoire très rural.

« Farigoule Bastad est un livre aux allures d’herbier syntaxique, un récit brut et rocailleux, qui nous plonge au coeur de la Haute-Provence rurale, déconnectée et sauvage. Nous voilà sur les pas de Farigoule Bastard, berger revêche vivant dans un minuscule village que l’appel de la ville dépeuple et tue petit-à-petit. Invité à Paris à un vernissage dont il est soi-disant l’auteur, il entreprend un long périple à dos de mule et de chemin de fer, traversant ces monts et vaux provinciaux à la fois arides et fourmillants, les poches emplies de thym et de galets, la tête pleine de souvenirs et de remords qui ressurgissent en vrac.
Alternant plusieurs narrateurs, voguant entre Farigoule Bastard, les deux mystérieuses femmes qu’il a aimées et son ami Picris, ce texte prend aux tripes par sa franchise et sa mélancolie, retient chaque parcelle de notre attention par sa syntaxe si particulière: parfois liste poétique à la répétition langoureuse, ou bien encore prose soignée et touchante : autant de facettes qui font de ce livre une petite pépite. » (http://www.undernierlivre.net)

L’auteur invente effectivement un langage, inspiré du patois qu’il connaît – celui de la Drôme – et restitue la geste de son personnage qui semble lui-même écrire. Le texte est jalonné de lettres, de listes, tout droit sorties de la « biasse » de Farigoule.

«Toute cette lande devenue pins. Toute cette terre arable devenue lande. Le paysage est à rebours. Toute cette marche est une bombe, qui va exploser. Tous ces moutons disparus. Tous ces loups et ces vautours qui reviennent, mais personne pour les accueillir. Ce pays se meurt et j’attends. J’attends le prochain éléphant.»

Un livre engagé ? Benoît Vincent explique que ce « livre est un hommage à un territoire et que tout hommage est un début d’engagement ». Alexis Gloaguen, poète réaliste, ajoute à son tour « qu’écrire sur un lieu et le révéler, là est l’engagement ».

Retrouvez le blog de Benoît Vincent : www.amboilati.org/chantier/
Ainsi que ses chansons sur http://bisrepetita.bandcamp.com/