INTERVIEW de Jean Laurent

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@médiathèque de Saint-Lô

 

Jean Laurent  fait partie du Jury qui se réunira en septembre pour choisir le lauréat du prix Jean Follain 2016.
Comme les 9 autres membres il doit lire pendant l’été les 9 ouvrages présélectionnés pour le prix :

Bib : Jean, peux-tu nous dire qui tu es en quelques mots ?

Jean : J’ai arrêté de travailler depuis 3 ans et je peux maintenant faire des choses qui me tiennent vraiment à cœur.
Je donne des cours de français à un jeune afghan à France Terre d’Asile et je fais partie d’une bande de gens qui racontent des histoires, surtout des contes mais j’aime aussi raconter d’autres sortes de textes : des récits,  des nouvelles…
et j’aime beaucoup marcher, je viens de faire une belle randonnée avec mon cousin.

Bib : Comment as-tu découvert le prix Jean Follain ?

Jean : J’en ai entendu parler  aux ateliers d’écriture de Janine Mesnildrey. Follain je le connaissais un peu grâce à une anthologie des auteurs de la Manche prêtée par une amie…
 J’ai toujours été sensible à la poésie, j’en ai parmi mes livres de chevet. J’aime les auteurs qui font danser les mots et quand je raconte j’essaie de mettre de la poésie dans les histoires. Je suis sensible à la langue d’Henri Gougaud, ou celle de Le Clezio dans ses nouvelles. Des livres avec cette écriture sensible ne sont jamais loin de moi comme   « Bréviaire »  de Marie Rouanet .

Bib : Le prix Follain est un prix de prose poétique… as-tu apprivoisé  la prose poétique à l’occasion du prix ou bien avais-tu déjà ta petite idée  là-dessus ?

Jean : J’avais déjà ma petite idée…  J’aime l’écriture libre de la prose poétique. La poésie pure me semble être davantage dans un carcan.
La prose poétique me parait donner plus de liberté pour le vagabondage… de l’âme ! Je trouve que Follain était assez moderne dans cette écriture libre et pleine d'émotions.


Bib : As-tu déjà lu quelques titres parmi les 9 ouvrages sélectionnés ?

Jean : Je viens de commencer  un livre qui s’appelle « Les equinoxiales » d’Armelle Leclerc qui raconte le drame de Fukushima. Ça à l’air vraiment bien mais je le découvre à peine donc je ne peux pas encore en parler.

Bib : Qui t’a aidé à devenir un lecteur ?

Jean : Je me souviens d’une prof au collège… et puis je m’y suis mis petit à petit
J’ai quitté la maison familiale à 17 ans et  j'habitais en pleine nature, je contemplais et je me retrouvais dans les écris de Giono, Maupassant.  Mais j'aime les auteurs contemporains, comme Maylis de Kérangal par exemple.
Ma mère est une grande lectrice et elle a transmis ça à mes filles. Moi c’est venu peu à peu, je n’ai pas une formation classique…mais maintenant j’ai toujours des livres près de moi.

Bib : Tu as déjà participé au Prix Follain,  quelles sont tes qualités pour défendre un texte que tu aimes ?

Jean : Je travaille, je prends beaucoup de notes en lisant. Et puis pendant le débat je dis des passages à voix haute. J’essaie de faire sentir aux autres la cohérence d’un texte. Certains auteurs racontent une histoire et puis, par la poésie de leur langue, ils y  mettent de la  lumière. J’aime montrer ça aux autres...

Bib : Que dirais-tu à quelqu’un pour l’inciter à participer au prix ?

Jean : C’est une responsabilité de devoir « choisir » un lauréat mais ce qui est intéressant c’est de partager une discussion  avec 10 personnes qui ont lu les mêmes livres.
Chacun ajoute une chose différente dans le débat, oui c’est  un partage.
On essaie de faire passer nos coups de cœur, il y a des affinités avec d’autres membres du jury, c’est un peu un jeu, il faut séduire avec ses arguments et  le président doit tenir compte de tout le monde.

Bib : Merci à toi Jean,   on te souhaite de belles découvertes poétiques pendant l’été !